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jacobmorganlwLe futur est l’endroit où tout prend fin et où tout recommence. C’est l’endroit dans lequel nous nous réveillons chaque matin et que nous attendons de revoir en fermant les yeux tous les soirs. Nous avons souvent mentionné le futur comme un élément d’importance sur lequel les organisations doivent se concentrer – et ce pour de bonnes raisons. Une entreprise doit penser le futur autant que le présent pour continuer à avancer sereinement et rester ce qu’elle est par essence c’est-à-dire une organisation d’individus et de compétences.

Le 17 mars prochain, la conférence CrossKnowledge Talent 2016 accueillera à Paris Jacob Morgan pour une keynote sur  l’entreprise de demain. Auteur, conférencier et visionnaire, célèbre pour ses publications dans le magazine Forbes, animateur du podcast The Future of Work et fondateur de la Future of Work Community, Morgan se distingue par son approche innovante et avant-gardiste et avant tout par l’intérêt qu’il porte à l’impact de la génération Y sur l’environnement de travail. Dans son dernier livre, The Future of Work, il prédit le développement de l’entreprise de demain et la façon dont les organisations doivent s’adapter aux évolutions structurelles. Les idées qu’il porte, avec l’appui de nombreux PDG parmi les plus prestigieux au monde – on peut citer Schneider Electric ou Whirlpool – ne sont pas seulement révolutionnaires : elles constituent et annoncent le début d’une nouvelle ère pour tous les salariés, managers et organisations.

Le futur de votre lieu de travail

Bien sûr, l’idée qu’une entreprise prévoit d’avance le futur n’est certainement pas étrangère à la plupart d’entre nous. Ce qui l’est par contre, c’est la façon d’appréhender le futur et surtout ce que sera le travail à l’avenir. La première notion qui va probablement vous venir à l’esprit est celle de la technologie – et vous avez raison. La technologie représente l’un des éléments clés sur lesquels l’entreprise de demain va s’appuyer. Toutefois, le changement dans les entreprises va s’avérer bien plus significatif. A quoi pensez-vous quand vous entendez le mot « travail » ? Est-ce que cela évoque une charge ? Une activité pour laquelle on gagne de l’argent ? Un échange de tâches contre du capital ? Le 20ème siècle, tel que Morgan le décrit, a construit son économie autour de la notion de collaborateurs « mécanisés » et de firmes productives. Cependant, avec l’arrivée de la génération Y et de ses nouveaux comportements liés à Internet, il est de plus en plus difficile pour les entreprises d’adhérer à ce concept. Le travail ne doit plus consister en l’exécution de tâches mais plutôt en la réalisation de quelque chose qui passionne les collaborateurs.

Le collaborateur

Le facteur qui change la donne et auquel font déjà face la plupart des entreprises est l’arrivée de la génération Y sur le marché. En effet, les nouveaux salariés vont exiger une expérience de travail adaptée. D’un point de vue matériel – leur bureau mais aussi les gens avec qui ils travaillent, l’organisation du lieu de travail, la nourriture disponible – à une perspective plus culturelle – l’influence des valeurs corporate, les échanges interpersonnels, l’influence de la concurrence sur le quotidien d’un collaborateur – et finalement en termes d’environnement technologique, l’expérience de travail doit prendre en compte les outils mais aussi les interactions humaines. Ceci est d’autant plus important à prendre en compte que les collaborateurs deviennent de plus en plus indépendants.

Oui, vous avez bien entendu. J’ai dit « indépendants ». En effet, Morgan décrit par exemple la tendance actuelle des nouveaux entrepreneurs qui travaillent en freelance pour l’entreprise comme des professionnels autonomes. La façon dont il explique cette tendance par le biais de 7 principes simples est particulièrement intéressante : un environnement de travail souple, la personnalisation sur mesure des tâches à accomplir, le partage des informations, l’utilisation de nouveaux moyens de communication et de création, la capacité à devenir un leader, la transition d’un professionnel qui sait à un professionnel qui apprend, l’apprentissage reçu et donné à son gré.

Jacobmorganillustration

Une nouvelle idée du leader

Il n’est pas difficile de comprendre que le travailleur du futur qui devient autonome va sérieusement impacter le rôle des leaders et des managers. Pour fidéliser les futurs talents, répondre à ces attentes sera un plus pour rester au niveau face à la concurrence. C’est pourquoi il est assez urgent de comprendre comment leaders et managers doivent passer du rôle de séniors sachants à ce que j’appellerais un « ciment » d’équipe. Évidemment, ça ne va pas arriver du jour au lendemain. Mais certaines choses peuvent déjà être faites… comme reconnaître leur vulnérabilité, faire descendre les niveaux d’autonomie et de prise de décision au lieu d’attendre que les salariés fassent remonter les informations, ou bien encore créer une expérience qui leur est spécifique.

Tout cela fait partie d’un « ciment », c’est-à-dire d’un élément qui améliore et renforce l’équipe. Être manager ne consistera plus à être le fer de lance d’une équipe. Il s’agit de comprendre chaque individu de ladite équipe et de les soutenir dans leur quotidien afin de faire ressortir le meilleur de leur potentiel et de leur créativité. La réponse ne réside plus dans la quantité mais dans la qualité.

L’organisation

Changer le rôle du salarié et du manager implique qu’au final, la structure de l’organisation évolue. Il apparait que de nombreuses entreprises ont déjà fait un pas dans cette direction, que ce soit la chaine hôtelière Mariott qui a choisi de faire du bien-être des employés sa principale valeur ou Zappos qui adopte l’holacratie (système de gouvernance dans lequel la prise de décisions est fragmentée au sein d’équipes auto-dirigées). Elles ont compris avant tout que le rôle mouvant des collaborateurs va impliquer qu’elles fassent un choix : seront-elles le nouvel Uber de leur secteur ou vont-elles s’accrocher à une organisation traditionnelle ? En intégrant dans leurs projets d’entreprise ces nouveaux modes de fonctionnement, de nombreuses entreprises seront capables d’avancer.